Le quai du désespoir
Me voilà surprise à ne plus compter les semaines où le RER B que j’emprunte tous les jours me fait un sale coup, il est temps de réagir.
Le travail est à Paris et le logement en banlieue, voilà le sort réservé à la majeure partie des étudiants ou stagiaires qui ne tentent pas par des moyens extrêmes de se loger à moins de 200 mètres du quartier bobo de Bastille la gaillarde. Des livres sortent sur des inepsies parisiennes qui riment avec bonne blague et sensationnel. Alors que faire dans ce cas ? Eh bien comme les centaines de travailleurs acharnés qui tentent d’acheter leur kilo de patates le week-end à ED : monter chaque matin et chaque soir dans l’hypothétique train de la ligne B du RER.
Dans peu de temps, le prix de la carte orange atteindra la barre fatidique des 100 euros par mois pour des indemnités de stages évaluées à 360 euros tout rond. Or, avec un écart de 20 minutes entre chaque train, 10 minutes minimum de retard chaque matin, plus de places au bout de 5 stations, et plus de 2h pour éspérer rentrer chez soi le soir alors que le temps de trajet moyen est estmé à 35 minutes, comment ne pas craquer nerveusement ?
Avaries, suicides, retards, agressions et j’en passe… Voilà le lot quotidien réservé aux usagers de cette ligne B qui ne manque pas d’imagination à chaque jour qui passe. Résultat ? Avec un pointage au travail à 9h30, lever obligatoire à 7h pour anticiper les 30 minutes de marche qui sépare le domicile au train qui ne sera pas là. Avec une sortie de bureau à 19h, rentrée subie à 20h30 minimum pour prendre le temps comprendre pourquoi payer plus de 70 euros par mois.
Je n’oserai même pas revenir décemment sur les dernières grèves. Plus de 3 semaines sans aucun train. Condamné à rester chez soi. Des milliers de personnes sensées livrées à elles-même. La société n’est pas compréhensive : renvois, RTT ou congés forcés, adieu les vacances au coin du feu tant rêvées pour les fêtes.
Mais que font-ils ? Ecrasés et compressés, les voyageurs grognent dans leurs capelines. Et alors ?
La finalité ? Dernier entretien d’embauche en date : “Vous habitez en banlieue ?” “Ne vous inquiétez pas, je prend la ligne B qui s’arrête à Châtelet à 5 minutes à pied” “D’accord, on vous rappellera”. A bon entendeur, salut.
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